La Démarche Participative de Planification

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La DPP est un processus qui permet de :

  • Favoriser la rencontre des savoirs scientifiques      pratiques et profanes, l’innovation,       la gouvernance, le travail partenarial, l’approche      pluridisciplinaire et les réponses intersectorielles.
  • Tenir compte des dimensions socioculturelles et      des personnalités des acteurs concernés.
  • Accompagner,      d’animer les acteurs concernés par une situation problème (personnes/organisations      orientées vers une/des communautés soucieuses d'en résoudre les problèmes,      professionnels, citoyens), à programmer des activités, dans une      perspective multidisciplinaire, intersectorielle et participative.
  • Renforcer la capacité décisionnelle et      organisationnelle des acteurs concernés pour qu’ils élaborent une      vision, des stratégies, des programmes, des projets et des activités qui      renforcent les atouts de cette communauté, amoindrissent les problèmes      qu’ils ont priorisés, étendent leurs succès et s’intègrent aux activités      et programmes existants.

La DPP s’inscrit dans le cadre du développement durable et invite à changer :

  • Le mode de penser à travers l’approche      systémique
  • Les processus de décision à travers les espaces      de concertation et de participation

Dans cette démarche, si la priorisation et son analyse emprunte à l’approche par consensus et produit des assertions, la validation de celles-ci utilise les approches par indicateurs ou enquêtes, ce qui permet enfin de programmer des activités à partir de ces assertions validées.

 

 

Les objectifs de la démarche (ou planification stratégique)

La Démarche à l’échelle d’un territoire, région/pays, d’un réseau, d’une institution, d’une communauté vise à :

ü   Préparer le terrain à la participation des acteurs concernés dont la population[1]

ü   Préparer les services, les institutions à répondre en anticipant les nouvelles priorités et demandes potentielles.

ü   Favoriser la gouvernance[2]

ü   Renforcer le partenariat[3] , les réseaux

ü   Renforcer la capacitation citoyenne[4] par l’acquisition d’une démarche participative de planification

ü   Optimiser les ressources existantes

ü   Favoriser l’innovation et la pérennisation des processus et des projets

ü   Mettre en œuvre rapidement des mini-projets d’activités à effets immédiats

ü   Développer des programmes/projets intégrés aux programmes existants et validés sur un plan technique, politique et financier

Avec la participation des acteurs concernés et mobilisables.

 

La Participation sur un plan individuel et collectif vise à :

ü   Reconnaitre le savoir de chacun

ü   Renforcer la perception positive de soi-même, l’estime de soi, la confiance en soi des participants

ü   Développer un regard critique sur sa place dans le milieu de vie par rapport à l’environnement élargi

ü   Développer des connaissances pour influer sur les événements, rechercher des alternatives et agir

ü   Développer le sens de l’identité collective dans laquelle dans laquelle l’individu partage : des buts, des ressources et des aspirations

ü   L’autonomie des acteurs

La Planification vise à :

Þ  Planifier et Programmer la participation des acteurs à différents degrés de participation et à chaque étape du cycle de projet

Þ  Programmer et mettre en œuvre des activités pour renforcer les points forts, amoindrir les problèmes, étendre les succès prioritaires, qui concernent les partenaires, dans une programmation visant à initier/renforcer le travail partenarial, les réseaux et les membres qui le composent. Il s’agit d’une Programmation de Renforcement du travail partenarial, des réseaux, des ressources existantes.

Þ  Identifier les groupes à risque, vulnérable, cible et programmer des actions pour les mobiliser. Ceci revient à élaborer une Pré-Programmation Communautaire à partir de problèmes supposés être prioritaires pour ces groupes.

Þ  Accompagner ces groupes vulnérable, à risque, cible dans une démarche de planification sur les situations problèmes perçues par ces groupes et donc élaborer une Programmation Communautaire proprement dite.

Dans tous les cas, pour maintenir la dynamique enclenchée au cours de la démarche, des activités sont mises en œuvre dans le mois qui suit la programmation. Le démarrage de la démarche doit donc être précédé de la mobilisation de fonds souples qui seront attribués aux décisions prises par les partenaires, et ce, en fonction des critères de cohérence interne à la démarche. La DPP doit être donc précédée d’une étape de sensibilisation des décideurs et financeurs habituels.

 

La DPP : 4 grands principes

Une approche

Positive,

Participative,

Planifiée

Une démarche transversale et ascendante

 

Une approche positive

Il s’agit d’identifier les points forts sur lequels les acteurs pourront s’appuyer, les succès à analyser soit pour les étendre soit pour en reproduire les processus.  

 

 

La participation est considérée comme un projet, elle est programmée à chaque étape du cycle de projet

Une approche planifiée

  • Diagnostic partagé: identification et priorisation des besoins, des points positifs et des problèmes
  • Planification participative
  • Mise en œuvre de haut en bas, transversale et de bas en haut
  • Suivi participatif
  • Évaluation participative du processus et de l’impact
  • Evaluation de la participation

Si elle a démarré par une démarche descendante elle se transversalise au niveau d’un territoire pour devenir ascendante

II Une validation des assertions par la recherche d'indicateurs.

Les participants valident les assertions produites à l’aide d’indicateurs qui existent ou qu’ils élaborent et qu’ils recueillent. Ces indicateurs serviront de données de base pour évaluer les programmes qu’ils mettront eux-mêmes en œuvre.

 

III Une planification basée sur une analyse partagée et validée.

Chaque acteur contribue, à partir d’assertions, à identifier, prioriser et analyser le(s) points forts, le(s) problème(s), les succès prioritaire(s), ses (leurs) causes et ses (leurs) mécanismes.

Les assertions exprimées à la forme négative sont positivées et deviennent ainsi les objectifs généraux, intermédiaires et opérationnels/spécifiques du programme. Pour atteindre ces objectifs, des activités seront mises en œuvre pour résoudre, amoindrir les causes et mécanismes déterminants des problèmes prioritaires. Des critères sont alors déterminés pour évaluer et programmer des activités. Les partenaires en actions s’organisent pour mettre en œuvre ces activités.

 

IV Un processus d'évaluation continu de la démarche elle-même

Les résultats obtenus, les processus participatif à chaque phase de la planification sont validés par les participants, avant de passer à la phase suivante.

Diagramme de la démarche descendante et ascendante en planification de la santé

                       

 

DPP : Le cycle de Gestion Participative de Programme en six phases

 

Les différentes approches de la démarche

Les deux premières phases s’appuient sur une approche participative, pragmatique et consensuelle, basée sur les assertions des acteurs concernés. La phase II d’analyse se termine par une approche rationnelle, des indicateurs viennent validés les assertions. Ils serviront de données de base pour évaluer les programmes/projet planifié dans les phases suivantes.  

 

 

Les 3 étapes et les 5 stades de chacune des phases

Chacune de ces phases se déroule en 3 étapes et 5 stades. Chaque phase fait l’objet d’objectifs particuliers et de résultats attendus. Avant de passer à la phase suivante, l’atteinte des résultats est validée/évaluée soit en interne par chaque membre de l’équipe de planification, soit la validation est élargie à l’ensemble des partenaires.

La recherche consiste à explorer davantage les éléments propres à chaque phase.
L’analyse vise davantage à établir les liens entre les différents éléments.
La synthèse en arrive à proposer un nombre réduit d’alternatives ou de scénarios de façon ordonnée.
 
NUTT
 

« La Morphologie présentée par Nutt[5] illustre bien le fait que chaque phase puisse faire l’objet de la même démarche et faire appel à des outils qui ne sont pas exclusifs à un stade. »
 
      Nutt remarque que « le manque d’attention portée au stade de formulation et conceptualisation affecte la capacité novatrice de la démarche ».


[1] Ibid. OMS 2000

[2] Le PNUD considère que la bonne gouvernance a pour but de promouvoir des interactions constructives entre le secteur public, les acteurs économiques et la société civile : " la bonne gouvernance se caractérise notamment par la participation, la transparence et la responsabilité. Elle se caractérise aussi par l’efficacité et l’équité. Elle assure la primauté du droit. La bonne gouvernance veille à ce que les priorités politiques, sociales et économiques soient fondées sur un large consensus au niveau de la société et à ce que les voix des plus démunis et des plus vulnérables puissent se faire entendre dans le cadre des prises de décisions relatives à l’allocation des ressources nécessaires au développement " (PNUD 1997).

[3] Le partenariat peut s'analyser comme un cas particulier de "contexte d'action organisée" (Friedberg, 1993). Dans certains cas, celui-ci sera peu structuré, et les objectifs peu définis, laissant une grande place à l'initiative des acteurs de terrain. Par contre, d'autres contextes d'action seront l'objet de formes d'organisation extrêmement élaborées aux buts clairement formulés. « Les partenariats sont des arrangements formels ou informels pour travailler ensemble à un propos commun. Le partenariat informel fonctionne mieux lorsque le projet est spécifique et peut être réalisé en un temps relativement court : le propos est clair et les résultats atteignable. Lorsque les taches à réaliser sont complexes, sur du long terme, il peut être nécessaire de formaliser le partenariat à travers un arrangement contractuel qui propose un cadre pour prendre des décisions et s’accorder sur les façons de travailler. Le partenariat informel fonctionne mal, ne marche pas lorsqu’il s’agit de s’attaquer à des problèmes très importants, de viser des objectifs très larges, surtout lorsque les parties ne se connaissent pas bien. D’un autre côté, mettre en place un cadre de travail partenarial ne règle pas les problèmes. Vous devez quand même clarifier les motivations, le propos commun, les valeurs… » traduit de The Guide to Effective Participation, by David Wilcox August 19 1996, www.partnerships.org.uk/guide/ ...

[4] La citoyenneté est un terme dérivé du latin civitas signifiant "qui appartient ou est en rapport avec une cité". « Ce terme a été défini comme l'appartenance totale à une collectivité, impliquant le droit civil à la liberté et à la justice, le droit politique de participer à l'exercice du pouvoir politique et le droit social de participer à la qualité de vie de la société dans sa globalité. » Marshall, T. Citizenship & social class. In:Marshall, T. & Bottomore, T., paru sous le Titre Citizenship and social class. London, Pluto Press, 1992, pp 1 à 51 et Van Steenbergen, B., paru sous le titre The condition of citizenship. London, Sage, 1994.

[5] Traduit et adapté de Nutt, P.C., Planning Methods for Health and Related Organisations. John Wiley 1 Sons, New York, 1984, p4 & p.65.