La participation, une priorité ? 

 Parmi les problèmes qui vont dominer les prochaines décennies dans les pays du Nord et du Sud, certains découlent directement des évolutions économiques et sociales liées aux phénomènes d'urbanisation et de paupérisation qui l'accompagnent. Ils ne cessent de croître sur l'ensemble de la planète.

Les questions de dignité humaine, de démocratie et d’environnement dans nos sociétés postindustrielles et notre modèle de croissance sont posées.

Au Nord comme au Sud, on constate :

Le maintien ou la croissance du chômage et de l'exclusion sociale, une crise des valeurs, de la citoyenneté et de la solidarité, le progrès de l'intolérance et de l'insécurité, des menaces croissantes sur la qualité de l'environnement.

De Stockholm à Johannesburg en passant par Rio de Janeiro, tous les pays s’accordent à dire qu’il est urgent d’agir.

Planifiés à un niveau national (voir international), les macro-projets s'affrontent aux micro-réalités; si le manque de ressources tant humaines que matérielles est parfois un problème, il ne peut seul expliquer le fossé qui continue de se creuser entre les populations (utilisateurs potentiels) et les prestataires de services.

Depuis une quinzaine d’années, on assiste à un ensemble de réformes qui visent à associer les professionnels de proximité et les citoyens aux prises de décision qui les concernent.

Cela apparaît non seulement comme une nécessité mais également comme l'une des garanties de la pérennité de toute action ; et, pourtant cette dynamique reste encore trop localisée.

Aussi, amener ces acteurs à posséder les programmes qui les concernent, en leur transférant des démarches participatives et outils de programmation, d'évaluation qui favorisent le consensus, l’innovation, facilitent le travail partenarial et sont adaptés au travail communautaire apparaît comme une priorité.

La Démarche Participative de Planification a été développée entre 1987 et 1992,  par Henri Franchet, responsable de programme pour Save the Children, pour accompagner des programmes de développement intégré, de santé, d’urgence lors de l’éruption volcanique du Pinatubo, de lutte contre la malnutrition en zone urbaine défavorisée et l’exploitation sexuel d’enfants aux Philippines, Vietnam, Cambodge.

La DPP a fait l’objet d’une collaboration, en 1996, entre Henri Franchet et Action Nord Sud dans le cadre d'un projet au Burundi où il est apparu nécessaire d'amener l'un des partenaires à impliquer des femmes "bénéficiaires" dans la lutte contre le SIDA. Puis dans le cadre d'un Projet de Recherche Action Formation avec le Groupe Ressource Méthodologie d'Handicap International en quête d'une démarche permettant de programmer des actions au plus près des préoccupations des bénéficiaires et des professionnels de proximités. Ce projet comportait une dimension formation importante avec transfert de la DPP. Sous l'égide d'Henri Franchet, cette formation à la Démarche Programmation Participative s'effectuait en cascade : du Groupe Ressource Méthodologie aux Responsables et Directeurs de Programme puis aux homologues locaux, qui, à leur tour ont accompagné les groupes cibles dans une Démarche Participative de Programmation et d’application au Brésil, en Roumanie et au Nicaragua.

Entre 1993 et 2010 la DPP a fait l’objet d’application dans différents pays et cadres de programmation pour programmer des projets dans des champs variés